• 06 | 04 | 2020 12:11

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Elevage | Kara/Yadè-Bohou : A la rencontre des femmes éleveuses de porc

A Yadè-Bohou dans la région de la Kara au Togo, l'élevage des porcs est la chasse gardée des femmes. La plupart des porcheries appartiennent à la gent féminine. Ces femmes allient aussi élevage à d'autres activités génératrices de revenus.

Elles sont des veuves et des coépouses. L’une, maman Roger, l’autre, Bernadette. Les deux femmes détiennent chacune une porcherie derrière leur maison. Nous leur avons rendu visite 20 septembre dernier. Tôt le matin déjà, l’aînée Bernadette donne à manger aux animaux après avoir fait l’entretien des enclos. La nourriture est composée des restes de repas de la veille, de la farine prise la veille chez le meunier du quartier et de la lie de la boisson locale « Tchoukoutchou ».  

A l’entrée de sa porcherie, Maman Roger, la cinquantaine, nous raconte : « J'ai commencé  l’élevage des porcs il y a huit ans. Au début j'avais pris un mâle et une femelle ; mais lorsque la femelle a mis bas, la peste a tout ravagé ». Mais elle n’a pas baissé les bras. Le courage a payé puisqu’elle compte aujourd’hui seize (16) porcs.

Toutefois, des difficultés s’invitent souvent dans les activités de ces deux femmes entrepreneurs. « La  voisine vient de me crier dessus.  Quatre  pourceaux sont sortis par un trou de la porcherie et ont retourné son champ d'arachide. J’ai demandé aux enfants d'aller les retrouver », nous dit-elle, l’air embêtée. Le porc, reconnaît-elle, « est un véritable destructeur de cultures ».

Malgré les difficultés auxquelles les deux veuves sont confrontées, elles avouent que cette activité les sauve dans certaines situations. Aussi affirment-elles, l’élevage des porcs les « aide à résoudre beaucoup de problèmes comme des dettes en cas de faillite dans le petit commerce ». « Quand je me retrouve dans le besoin, il suffit que je mette en vente une bête et le problème est résolu. Car la demande en porc est forte », confie maman Roger.

A Yadè-Bohou, les porcs trouvent preneurs facilement. La population est friande de cette viande. Il existe dans la localité un marché qui s'anime tous les dimanches baptisé « marché de la viande du porc et de la boisson locale ». Là-bas,  nombreux sont ceux qui affluent autour de petites tables sur lesquelles la  viande cuite est découpée en petits morceaux, accompagnée de piment en poudre, d’oignon, de couteau, de pique-dent ou encore de bassines de bouillon de viande de porc servi aux clients. Autant de preuves que l’élevage des porcs génère des revenus. La clientèle est surtout locale.

Le prix du porc varie selon la taille. Les gorets sont souvent vendus à 10 000 FCFA l'unité tandis que les porcs adultes varient entre 20, 25 voire 30 000 FCFA. Les éleveurs s’en sortent relativement bien donc. Cependant, leur principale crainte est la peste porcine. Lorsqu’elle s’invite, c’est une vallée de larmes dans les porcheries. Les efforts consentis partent en fumée. Pour anticiper ces situations dommageables, les vétérinaires sont souvent sollicités.

A Yadè-Bohou, l’élevage des porcs est plus pratiqué par les femmes revendeuses de la boisson locale « Tchoukoutchou ». Elles font comme une sorte de recyclage. Car, la lie ou les résidus de la boisson servent de nourritures aux animaux. Celles qui n’en vendent pas, achètent les victuailles pour les bêtes auprès des détentrices de débit de la boisson locale.

 

Magnim Karouwe, Correspondante Région de la Kara


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