• 12 | 08 | 2020 06:04

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Pêche | Des remous au nouveau port de pêche de Lomé

Sur le nouveau site de Gbetsogbe, les pêcheurs menacent de décréter des jours sans pêche pour protester contre l’imposition de certaines taxes.

Le 20 novembre 2019,  les pêcheurs et les femmes mareyeuses de Harbor (l’ancien site), déménageaient pour le nouveau port de Gbetsogbe. Une page chargée d’histoire venait ainsi de se tourner et ouvrait une autre beaucoup plus tournée vers la modernité. Seulement, cette nouvelle ère ne va pas sans charrier des regrets. Autrement, un vent saumâtre au relent nostalgique souffle sous le nouveau bâtiment. Il est chargé de bulles d’une éventuelle révolte.

Au nouveau port de pêche, les tickets d’entrée agacent. Les  pêcheurs surtout. Ils ont du mal à s’adapter à la nouvelle donne. « Pourquoi doit-on soumettre les pêcheurs au payement de taxe ? » s’interroge Richard, le regard furieux. Il a dû mal à accepter cette imposition de taxe aux hommes qui vont en haute mer pécher du poisson. Il ne décolère pas. « A Accra, au Bénin et sur la côte, les hommes ne paient pas de taxe avant d’entrer au port », ajoute Richard très remonté contre le payement journalier de 100 FCFA avant d’aller en mer. Ce qu’il ne faisait pas avant. En effet, à Harbor, les hommes étaient exonérés de tickets d’entrée. Seules les femmes étaient soumises à cette taxe. C’était ainsi institué à l’ancien port maritime artisanal de Lomé.

  

(L'entreé de Harbor déserte)

En introduisant une taxe pour tout le monde, les autorités du nouveau port entretiennent sans le savoir une révolte qui se prépare. « Nous allons protester contre ces taxes en décrétant des journées sans pêche. Les pirogues resteront immobilisées à l’embarcadère », menace Richard. Pour lui, il n’y a que cette voie pour amener les autorités à revoir leurs taxes. Il n’est pas le seul à avoir du mal à s’accommoder à la nouvelle donne. Ils sont nombreux à ruminer leur colère à l’égard des autorités. « Il arrive que les tickets se perdent à la sortie. Si ces situations arrivent on doit encore payer un autre ticket. Il y a de ces désagréments qui surviennent et qui gâchent votre journée », fait observer Prosper. Il fait partie du groupe d’hommes de pêcheurs qui maugréent contre les autorités. « Malgré ces taxes qu’ils perçoivent, on ne sait pas dans quelle direction », s’emporte-t-il.

Il n’y a pas que les taxes qui font grincer des dents. Les nouvelles infrastructures affichent des défaillances qui en rajoutent à la colère. « Lors des marées, on ne peut pas aller en mer. Les pirogues restent bloquées à l’embarcadère. Alors que sur l’ancien site, on n’avait pas ce problème », fait remarquer Richard. Des frustrations qui risquent de perturber les activités de ce nouveau port de pêche qui est censé relancer la pêche artisanale maritime et toutes les activités connexes.

Le nouveau port de pêche de Gbetsogbe a été inauguré par Faure Gnassingbé en avril dernier. Il peut accueillir 300 à 400 pirogues et est doté d’infrastructures modernes, entre autres, d’un bassin de mouillage, de deux cales de halage, de deux fabriques de glace, d’une criée, de trois poissonnières.

Anani GALLEY


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