• 06 | 04 | 2020 10:03

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Cultures | Filière anacarde : Noéllie Kao grignote l’hégémonie des hommes

L’anacarde est le 3ème produit de rente après le coton et le café/cacao selon Komlan Gozan, président du Conseil interprofessionnel de la filière anacarde (CIFAT). C’est un secteur très porteur donc. Cependant, la filière se heurte à des pesanteurs socioculturelles. Les femmes sont minoritaires. Un déséquilibre sur fond de foncier que veut réduire Noéllie Kao.

A Tchamba, dans la région centrale du Togo, les femmes sont comptées du bout des doigts dans la filière anacarde. Il en est ainsi pour les autres régions du pays car selon Komlan Gozan, elles représentent 5% dans la production de l’anacarde. La filière souffre d’une discrimination à l’égard des femmes. La raison, le foncier.

Culture pérenne (30 à 40 ans), la production de l’anacardier est avant tout liée au foncier. Le domaine est investi par les hommes, propriétaires terriens et les femmes reléguées au second plan. « L’anacardier étant une culture pérenne, on se dit que si la femme prend un terrain pour l’exploiter, c’est comme elle l’accapare », explique le président du CIFAT. Il espère amener les femmes à « s’ingérer dans la production » afin de corriger cette inégalité.

En attendant, Noéllie Kao dispute cette chasse gardée aux hommes. Elle est aujourd’hui propriétaire de 10 hectares d’anacardiers à Tchamba. Un domaine hérité de son défunt mari. « Cette plantation est ma richesse. Grâce à elle, je prends soin de mes enfants quand ils tombent malades, j’assure leur scolarité et leurs besoins », confie-t-elle. La veuve Noellie Kao a bénéficié d’une formation de la GIZ, service de coopération allemande, sur les semences améliorées d’anacardiers. Seulement, elle tarde à faire la nouvelle expérience à cause du manque de terre.

Au Togo, plusieurs Organisations de la société civile (OSC) luttent pour l’accès des femmes à la terre. En 2018, Michèle Aguey, Secrétaire générale du GF2D avait laissé entendre que son organisation agit pour l’égalité des sexes, l’équité et la justice. Et c’est sur l’accaparement des terres au détriment des femmes que GF2D doit davantage s’impliquer.

Magnim Karouwe, Correspondante région Kara


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