• 12 | 08 | 2020 05:39

Flash Info

Agroalimentaire | Covid-19 : Du grain à moudre aux Grands moulins du Togo

Dans le contexte actuel de la crise sanitaire de la pandémie du Covid-19, la Russie, 1er pays producteur mondial de blé, a décidé de suspendre ses exportations. Il s’agit pour Moscou (qui a franchi le seuil des mille cas de coronavirus) de garantir la sécurité alimentaire à sa population. Cette mesure « protectionniste »  est décriée par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle n’est pas sans conséquence sur les pays acheteurs du blé russe comme le Togo. A la Société générale des moulins du Togo (SGMT), on se prépare à juguler la crise du blé qui se profile à l’horizon.

Selon les chiffres de la SGMT, un Togolais consomme en moyenne 11 kilogrammes de farine de blé par an. Cette dépendance pourrait connaître quelques perturbations liées à son coût d’achat. Et pour cause, la Russie a choisi de privilégier sa clientèle locale au détriment de ses clients étrangers. Sans doute, cette crise va rejaillir sur les importateurs du blé, et par ricochet, sur les demandeurs de baguette de pain et d’autres produits de pâtisserie. A la SGMT, la situation préoccupe, mais on ne s’affole pas.

Du grain à moudre

Le jeudi 29 avril 2020, une délégation du ministère en charge du Commerce, de l’Industrie, de la Promotion du Secteur privé et de la Consommation locale s’était rendue à Tsévié, ville située à une trentaine kilomètres au nord de Lomé. Accompagnée des responsables de la Société générale des moulins du Togo, elle a visité une usine de fabrication de farine de maïs.

La visite participe à l’exploration des pistes d’approvisionnement en qualité et en quantité industrielle de céréales locales telles que le maïs, le manioc, le soja, le sorgho ou le gari à incorporer au blé. Une piste que la SGMT étudiait avant le Covid-19. Elle vise aussi à «aider les producteurs locaux à écouler plus facilement leurs productions». Cette démarche de la société s’inscrit non seulement dans la droite ligne de la responsabilité sociale, sociétale et environnementale de l’entreprise, mais aussi dans le Mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA) et du Plan national de développement (PND).

Visite de l'usine

Le contexte actuel mondial dominé par le Covid-19 et son lot de conséquences que sont, entre autres, la baisse des activités sur les marchés mondiaux et le repli subit de la Russie de favoriser son marché local, ne font qu’accélérer d’autres sources d’approvisionnement qu’étudiait la Société générale des moulins du Togo. Grande importatrice du blé russe (90.000 tonnes par an), cette dernière est visiblement sereine. « La décision de la Russie ne va pas impacter l’approvisionnement », soutient-on. La société n’importe pas son blé uniquement de la Russie. Elle s’approvisionne aussi auprès de la France, du Canada, des Etats-Unis, entre autres.

Le blé est une substance primordiale dans la fabrication du pain et d’autres produits de pâtisserie. Le gluten (protéine) qu’il contient lui donne une qualité exceptionnelle. Un avantage donc sur les autres farines locales dont seulement 2 ou 3% sont nécessaires dans la panification. La décision russe aura forcément des impacts sur le prix du blé à l’échelle mondiale. On estime une augmentation de 15%.

Vers une augmentation du prix du pain au Togo ?

Cela pourrait arriver. Car c’est une question de la demande et de l’offre. Plus la demande augmente, plus le prix augmente aussi. Ainsi les consommateurs du pain peuvent s’attendre à une éventuelle hausse du prix de leurs baguettes. Une crise qui risque certainement d’en rajouter à la pandémie du coronavirus. C’est sans doute ce que craignent la FAO et l’OMC qui dénoncent la position russe.

Au Togo, la baguette de pain se vend à 100 FCFA. Il n’est pas exclu que les boulangers et les acheteurs ressentent le contrecoup de la suspension du blé russe à l’exportation. Mais selon une source, les autorités se préparent à amoindrir le choc. « Si le prix de la baguette du pain devrait augmenter, elles veillent à ce qu’il ne soit pas excessif », nous renseigne notre source. Aussi, nous apprend-elle, les autorités togolaises anticipent déjà et « travaillent sur le sujet avec la SGMT ».

Anani GALLEY


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