• 12 | 08 | 2020 04:32

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Cultures | OLAM: du riz avarié au coton togolais

L’assemblée nationale togolaise a donné le 29 juin 2020 au cours d’une séance plénière, son aval à  la multinationale singapourienne OLAM d’être actionnaire majoritaire de la Nouvelle société cotonnière du Togo (NSCT). Un tournant dans cette société engluée dans une mauvaise gestion depuis des décennies. Cependant, le nouvel actionnaire majoritaire n’a pas bonne presse au sein de la population. L’affaire du navire Ocean Princess contenant des tonnes de riz d’origine douteuse est encore dans les têtes.

L’odyssée

Janvier 2019. Ocean Princess mouille sur la côte togolaise. Dans ses cales, plus de 18 mille tonnes de riz. Alors qu’il s’apprête à déverser sur le marché sa marchandise, la Ligue des consommateurs du Togo (LCT) sonne l’alerte. Le riz est déclaré impropre à la consommation. La presse s’en empare. L’affaire fait grand bruit à Lomé. Il s’ensuivra l’odyssée du navire.

Faut-il le rappeler, le navire a été refoulé par les autorités guinéennes. Ces dernières ont trouvé le riz avarié. C’est donc l’association des consommateurs guinéens qui a informé sa collègue du Togo du contenu d’origine douteuse du bateau. La LCT n’a pas tardé à alerter l’opinion sur un éventuel danger dès qu’elle a appris la présence d’Ocean Princess au Port autonome de Lomé (PAL). Très vite, la nouvelle va défrayer la chronique.  Devant la situation embarrassante,  le ministre en charge de l’Agriculture de l’époque, Ouro Koura Agadazi sort une note portant interdiction du déchargement. Le navire part en rade le 12 janvier mais revient quelques jours plus tard sur la côte togolaise. « Le navire est revenu au port pour des besoins d’analyses phytosanitaires et physicochimiques », avait-on justifié à la Direction de la protection des végétaux du ministère de l’Agriculture. Face à la pression des médias et des associations des consommateurs, le bateau va définitivement quitter le Togo.

Plus tard, le navire est aperçu en Côte d’Ivoire où il essuie un autre revers, le troisième depuis son apparition sur les côtes africaines. A la différence des autorités togolaises, le gouvernement ivoirien inflige le 26 avril 2019 de lourdes sanctions aux propriétaires du navire et à l’acheteur du riz controversé. Olam international limited écope de douze (12) mois d’interdiction d’exportation du riz à destination du pays de Félix Houphouët Boigny. La société Alimentation Toumodi Sarl qui a passé la commande est également interdite d’un (01) an d’importation de la céréale.

Sous le feu des critiques

En devenant le principal actionnaire de la NSCT, le groupe singapourien vient d’accrocher à son tableau de chasse une « nouvelle proie ». Mais cette nouvelle acquisition soulève déjà des débats. Beaucoup s’interrogent sur la privatisation tous azimuts des sociétés d’Etat. Au Togo, les banques et les sociétés,   fleurons de l’économie nationale,  sont de plus en plus cédées aux étrangers. La dernière en date est celle de la Holding Togocom vendue aux Malgaches. Toutefois, Sani Yaya le ministre de l’Economie et des Finances, se veut rassurant. « Cette volonté de céder tout ou partie de ses actions dans le capital de la NSCT répond au souci du gouvernement de trouver un partenaire stratégique de renom, disposant de l’expertise nécessaire, susceptible de contribuer, dans le domaine de l’agro-industrie, à l’atteinte des objectifs de l’axe2 du Plan national de développement notamment en ce qui concerne le secteur cotonnier », explique-t-il dans son intervention devant les députés de l’Assemblée nationale en début de semaine.

En 2018, OLAM a réalisé 30,5 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Elle est présente dans 25 pays africains.

Thibaut Mawunyigan


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