• 18 | 04 | 2021 08:22

Flash Info

Elevage | Abattoirs sauvages : les dessous des chèvres saisies à Dogbeavou

Le 25 décembre 2020, les forces de l’ordre ont fait une descente musclée dans un abattoir sauvage de Lomé. Chèvres braisées et non braisées ont été emportées. Depuis, l’affaire continue de faire des vagues. Les dessous d’une affaire qui fait choux gras en cette période festive.

Dans la matinée du vendredi 25 décembre, les échauffourées ont éclaté entre les forces de l’ordre et les populations du quartier Dogbeavou qui abrite dans un bas-fond à côté des rails un abattoir sauvage non loin de Gbossimé, le marché aux volailles et aux caprins de Lomé. La scène fait remonter au temps fort de crises politiques au Togo avec  ses spectacles des barricades et des jets de gaz lacrymogènes.  Elle a enlaidit la naissance de l’enfant Jésus déjà rendue morose par le Covid-19. Les commentaires vont bon train sur les plateformes des réseaux sociaux. La population ne décolère pas. Mais cela est loin d’attendrir les autorités.

Le prix de la réticence

Il n’y avait pas eu de menu carné dans les assiettes de certaines familles lors de la fête de Noël de cette année. Les forces de l’ordre leur ont laissé un goût amer. La faute : la réticence de certains bouchers de l’abattoir sauvage de Dogbeavou.

Ils ont ignoré les multiples rappels à l’ordre. C’est ce qu’a laissé entendre Mme Neme Bali, Directrice de l’ONAF, contactée par Lalettreagricole.info. « On fait toujours des émissions sur les abattages clandestins surtout à l’approche des fêtes. A chaque Tabaski, Ramadan, Pâques, entre autres, nous sensibilisons sur ces aires d’abattage sauvage. Tout récemment, la Direction de l’Elevage avec Radio Lomé a fait une sensibilisation autour de ces abattoirs sauvages », nous a-t-elle confié au téléphone. A l’écouter, la saisie des viandes braisées ou non braisées a eu des résultats escomptés. Car, a-t-elle fait remarquer, « les produits saisis, sont déclassés, c’est-à-dire, ne sont pas propres à la consommation ». « Ils ont été détruits », a-t-elle précisé.

La Directrice de l’ONAF déplore le comportement des bouchers « indélicats ». Ces derniers auraient délibérément refusé de faire leur travail dans l’abattoir de Gbossimé qui leur est réservé. « C’est une mauvaise volonté de leurs parts. Nous avons travaillé ensemble. C’est au moment d’intégrer l’abattoir que nous avons aménagé pour eux dans le marché de Gbossime qu’ils ont refusé et préféré continuer dans des conditions insalubres. C’est de la mauvaise foi », a dénoncé Mme Neme Bali.  

De son côté, Sinhani Issa, le président du Conseil interprofessionnel petits ruminants du Togo renchérit. « L’ONAF nous a dotés d’un abattoir où les bêtes sont contrôlés par les vétérinaires avant leurs abattages. Honnêtement, je ne sais pas pourquoi  les bouchers préfèrent le bas-fonds avec ses conditions exécrables pour faire leurs activités », se demande-t-il. « C’est interdit d’abattre les bêtes là-bas », souligne Sinhani Issa. Il ne croit pas que les 400 FCFA perçus sur une bête à l’abattoir de Gbossime pourraient être à la base du développement de leurs activités dans le bas-fond infect. « Si les 400 FCFA étaient chers pour eux, ils auraient déjà fait cas de cela à leur syndicat (Ndrl, le syndicat des bouchers) », martèle le président du Conseil interprofessionnel

Faux et usage de faux ?

L’aire d’abattage sauvage de Dogbeavou serait-elle un repaire de faussaires ? Dans l’entretien au téléphone, Mme Neme Bali a révélé des pratiques de faux et usage de faux des bouchers du bas-fond. « Ils imitent les estampilles de l’ONAF pour les apposer sur les bêtes », révèle la Directrice de l’ONAF. « Les bêtes qui se retrouvent dans cet abattoir sauvage, sont souvent des animaux volés. A l’abattoir de Gbossimé, il est difficile d’y amener une bête volée car les caprins sont estampillés et leurs propriétaires les reconnaissent facilement », indique Mme Neme Bali.

Toutefois, la responsable de l’ONAF reconnaît que le relais des sensibilisations sur les abattoirs n’est pas suffisamment fait. Mais, que des efforts sont faits pour doter le pays des abattoirs modernes afin de limiter les risques. Dorénavant, elle compte associer les associations des consommateurs à leurs activités de sensibilisation.

 « Des abattoirs modernes sont en passe d’être prêts à Kara, Sokodé et Kpalimé », a-t-elle annoncé.

Anani GALLEY

 


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